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Nouvelle publication du SUAL - Résultats de l'étude DRUGS


L'ARS nous avait demandé d'étudier les consommations chez les jeunes qui se présentaient aux urgences.



Résumé

Introduction. – Les jeunes constituent une population cible dans le dépistage des consommations problématiques de substances (CPS), mais ils consultent peu et sont difficiles à atteindre. Par conséquent, des programmes de dépistage ciblés devraient être développés dans les lieux de soins qu’ils fréquentent comme le sont les services d’accueil des urgences (SAU). Nous avons cherché à explorer les facteurs associés à ces usages de substances psychoactives chez les jeunes qui fréquentent les SAU ainsi que leur accès aux soins en addictologie après un dépistage positif.


Méthodes. – Une étude prospective interventionnelle incluant tous les jeunes âgées de 16 à 25 ans ayant fréquenté le principal SAU de Lyon (France) a été réalisée. Les données recueillies correspondaient : aux caractéristiques sociodémographiques, aux CPS en utilisant des questionnaires d’autoévaluation et des analyses urinaires, aux niveaux de santé psychologique et aux antécédents d’abus physiques/sexuels. Un retour rapide de ce dépistage était fourni aux participants présentant une CPS les invitant à consulter un centre d’addictologie. Un rappel téléphonique à trois mois a eu lieu pour recenser le nombre de participant ayant finalement consulté. Les groupes CPS et non-CPS ont été comparé à l’aide de régressions logistiques multivariées, afin de fournir des odds-ratios ajustés (aOR) et des intervalles de confiance à 95 %(95 % CI). L’âge, le sexe, le statut professionnel et l’environnement familial ont été utilisés comme variables d’ajustement. Les caractéristiques des sujets CPS qui ont ensuite été consultés ont également été évaluées par analyses bivariées.


Résultats. – Au total, 460 participants ont été inclus; 320 d’entre eux (69,6 %) consommaient des substances et 221 (48,0 %) avaient une CPS. Par rapport aux individus non CPS, les CPS étaient plus susceptibles d’être des hommes (aOR = 2,06; 95 %CI [1,39–3,07], p < 0,001), d’être plus âgés (aOR = 1,09 ; 95 % CI [1,01–1. 17],p < 0,05), d’avoir un état de santé mentale altéré (aOR = 0,87 ; 95 % CI [0,81–0,94], p < 0,001), et d’avoir des antécédents d’abus sexuels (aOR = 3,33 ; 95 %CI [2,03–57] [2,03–5,47], p < 0,0001). Seuls 132 (59,7 %) sujets atteints d’une CPS ont pu être joints par téléphone à 3 mois, parmi lesquels seulement 15 (11,4 %) ont déclaré avoir consulté en addictologie. Les facteurs associés à cette consultation étaient l’isolement social(46,7 % vs 19,7 % ; p = 0,019), une consultation antérieure pour des troubles psychologiques (93,3 % vs68,4 % ; p = 0,044), un score de santé mentale plus faible (2,8 1,6 vs 5,1 2,6 ; p < 0,001), et une hospitalisation post-urgence dans une unité psychiatrique (73,3 % vs 19,7 % ; p < 0,0001).Discussion/Conclusion. – Les urgences sont des lieux pertinents pour dépister les CPS chez les jeunes, mais le niveau de consultation après orientation reste très faible. Offrir un dépistage systématique lors d’une visite aux urgences pourrait permettre une identification et une prise en charge plus appropriées des jeunes présentant une CPS.

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