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Nouvelle publication SUAL dans 𝘎𝘦𝘯𝘦𝘳𝘢𝘭 𝘗𝘴𝘺𝘤𝘩𝘪𝘢𝘵𝘳𝘺 : les risques comparés de mésusage et d'abus entre les différents traitements du TDAH

  • Photo du rédacteur: SUAL
    SUAL
  • 14 août
  • 3 min de lecture

Etude réalisée en partenariat avec l'équipe du CEIP (Addictovigilance) de Toulouse (en particulier la Dre Emilie Jouanjus) sur Vigibase®, la base mondiale de pharmacovigilance, et publiée dans 𝘎𝘦𝘯𝘦𝘳𝘢𝘭 𝘗𝘴𝘺𝘤𝘩𝘪𝘢𝘵𝘳𝘺, revue de rang A (IF 9,9).

Lien vers l'article (accès gratuit): https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/gps3.70046

Résumé en français


Contexte

Le potentiel comparatif d’abus et de dépendance des médicaments utilisés dans le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) a jusqu’à présent été peu étudié.

Objectif

Évaluer le potentiel relatif des médicaments utilisés dans le TDAH à générer des déclarations spontanées d’abus et de dépendance dans les données internationales de pharmacovigilance.

Méthodes

Une analyse de disproportionnalité a été réalisée à partir des données enregistrées dans VigiBase®, la base de données mondiale de l’Organisation mondiale de la Santé regroupant les notifications individuelles de cas de pharmacovigilance (ICSR). Ont été inclus les ICSR enregistrés entre le 1er janvier 2002 et le 30 juin 2023, concernant des adolescents ou des adultes de sexe connu, âgés de ≥ 15 ans, et impliquant comme médicaments suspects des traitements utilisés dans le TDAH. Les reporting odds ratios (ROR) relatifs aux « abus et dépendance aux médicaments », ainsi que leurs intervalles de confiance (IC) à 95 %, ont été calculés en utilisant le méthylphénidate comme médicament de référence, avec ajustement sur l’âge, le sexe, la gravité, la qualification du déclarant et le continent de déclaration. Plusieurs analyses de sensibilité ont été réalisées.

Résultats

Parmi les 55 219 ICSR inclus, 2 633 concernaient des abus et dépendances aux médicaments. La proportion de déclarations d’abus et de dépendance était significativement plus faible pour tous les médicaments étudiés que pour le méthylphénidate, à l’exception de la lisdexamfétamine (ROR : 1,06 ; IC à 95 % : 0,91–1,24). Les analyses de sensibilité ont produit des résultats comparables à ceux de l’analyse principale, mais avec un ROR légèrement plus élevé pour la lisdexamfétamine après exclusion des données provenant des États-Unis (ROR : 1,26 ; IC à 95 % : 1,03–1,54).

Conclusions

Le méthylphénidate et la lisdexamfétamine sont les deux médicaments du TDAH les plus susceptibles de faire l’objet de déclarations de pharmacovigilance liées à l’abus et à la dépendance. Ces résultats remettent en question les affirmations antérieures selon lesquelles le potentiel d’abus de la lisdexamfétamine serait inférieur à celui des autres psychostimulants utilisés dans le TDAH et plaident en faveur de nouvelles études pharmacoépidémiologiques dans ce domaine.


Points clés

CE QUI ÉTAIT DÉJÀ CONNU SUR LE SUJET

  • Le méthylphénidate est un psychostimulant largement utilisé dans le traitement du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et de la narcolepsie. Son potentiel d’abus et de dépendance est largement documenté.

  • Bien que de nombreux autres médicaments du TDAH partagent un mécanisme d’action similaire à celui du méthylphénidate, leur potentiel d’abus et de dépendance a été très peu étudié à partir de données en vie réelle.

CE QU’APPORTE CETTE ÉTUDE

  • Cette étude est la première à comparer directement, à partir de données internationales de pharmacovigilance et au moyen d’analyses de disproportionnalité, les taux de déclaration d’abus et de dépendance entre les différents médicaments utilisés dans le TDAH.

  • Tous les médicaments, à l’exception de la lisdexamfétamine, présentaient une proportion de déclarations d’abus et de dépendance plus faible que le méthylphénidate.

  • Le méthylphénidate et la lisdexamfétamine apparaissaient comme les deux médicaments les plus susceptibles de générer des signaux de pharmacovigilance concernant l’abus et la dépendance, alors que la lisdexamfétamine était auparavant considérée comme présentant un potentiel d’abus ou de dépendance plus faible.

IMPLICATIONS POTENTIELLES POUR LA RECHERCHE, LA PRATIQUE OU LES POLITIQUES DE SANTÉ

  • Nos résultats remettent en question l’idée selon laquelle la lisdexamfétamine présenterait un risque d’abus et de dépendance inférieur à celui du méthylphénidate et des autres médicaments utilisés dans le TDAH, et plaident en faveur de données pharmacoépidémiologiques supplémentaires comparant les risques addictifs associés aux différents traitements du TDAH.



 
 
 

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