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Place de la e-cigarette dans le sevrage tabagique : résultats de l’EuroBaromètre 2017.

Par Philippe Arvers, via Addict'Aide



Au cours des dernières années, la vape (terme plus approprié que « cigarette électronique ») a montré son efficacité dans l’aide au sevrage tabagique et alternative au tabac.


Un essai clinique randomisé  a montré que le taux de sevrage tabagique à 1 an est 2 fois plus élevé avec la vape qu’avec des substituts nicotiniques (18% vs 9,9%). Le recours à la vape pendant la grossesse peut aussi être synonyme de réduction de risque pour la mère et l’enfant à naître, comme le montre l’étude publiée dans l’International Journal of Obstetrics and Gynaecology : le poids de naissance des enfants de mères vapoteuses est identique à celui des non-fumeuses et plus élevé à celui des mères qui ont fumé pendant leur grossesse.


S’il existe de nombreuses études transversales sur le recours à la vape chez les fumeurs de tabac aux USA et au Royaume Uni, il y en a peu au sein de l’Union Européenne. En 2016, Konstantinos Farsalinos avait analysé les données de l’Eurobaromètre 2014 , auprès de plus de 27 000 citoyens des états membres. Il avait constaté que 6 à 9 millions d’européens avaient arrêté de fumer ou réduit leur consommation de tabac avec la vape : 35,1% avaient arrêté de fumer et 32,2% étaient des vapo-fumeurs. Sur les mêmes données, d’autres auteurs ont trouvé que les vapo-fumeurs fumaient plus que les fumeurs de tabac (15,6 cigarettes/jour vs 14,4 cigarettes/jour).


Cependant, cette étude ne donnait pas d’information sur la durée du sevrage tabagique avec la vape chez les ex-fumeurs, et beaucoup de fumeurs avaient arrêté longtemps avant que les cigarettes électroniques soient mises à disposition.


Cette information a été prise en compte dans l’Eurobaromètre 2017, dont la méthodologie est identique à celle de l’Eurobaromètre 2014.

27 901 européens âgés de 15 ans et plus ont été interviewés à leur domicile et parmi eux, il y avait 6 904 fumeurs et 6 153 ex-fumeurs.


Les ex-fumeurs sont plus âgés que les fumeurs actuels (2 fois plus nombreux à avoir au moins 54 ans) et plus souvent des hommes.

L’arrêt du tabac remonte à plus de 10 ans dans 56,3% des cas : le recours à la vape est très rare dans ce sous-groupe d’ex-fumeurs, car 97,7% d’entre eux déclarent n’avoir jamais eu recours à la vape.

Lorsque l’arrêt du tabac remonte à « 2 ans ou moins », ou « entre 3 et 5 an »s, on trouve le plus de vapo-fumeurs quotidiens.

Le plus grand nombre de vapo-fumeurs est observé parmi les ex-fumeurs récents (moins de 2 ans) : ils sont 10 fois plus nombreux que parmi les ex-fumeurs depuis 10 ans et plus.

Les anciens vapoteurs quotidiens sont 2 fois plus nombreux parmi les ex-fumeurs récents (2 ans ou moins).

Par rapport aux non-vapoteurs, les vapoteurs quotidiens sont :

5 fois plus nombreux parmi les ex-fumeurs récents (2 ans ou moins),3 fois plus nombreux par les ex-fumeurs depuis 3 à 5 ans,60% moins nombreux par les ex-fumeurs depuis 6 à 10 ans, et4 fois moins nombreux parmi les ex-fumeurs depuis plus de 10 ans.


Cette étude est la première à prendre en compte la durée du sevrage tabagique, un déterminant majeur pour comprendre l’interaction complexe entre le tabagisme et le recours à la vape en Europe.


Les anciens vapoteurs quotidiens sont plus nombreux parmi les ex-fumeurs récents (moins de 2 ans), ce qui indique qu’ils ont arrêté de fumer grâce à la vape, et qu’ils ont ensuite arrêté de vapoter. L’objectif est atteint en 2 temps : arrêter de fumer en vapotant, et arrêter de vapoter ensuite quand cela n’est plus nécessaire. Cependant, des études longitudinales seront nécessaires pour affirmer ou infirmer cette transition via la vape.


1 – Observatoire Territorial des Conduites à Risques de l’Adolescent (MSH-UGA)

2 – 7ème Centre Médical des Armées (Antennes de Varces et Chambéry)

3 – Institut Rhône Alpes Auvergne de Tabacologie (Lyon)

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