Nouvelle Publication SUAL dans 𝐿𝐴 𝑃𝑅𝐸𝑆𝑆𝐸 𝑀𝐸𝐷𝐼𝐶𝐴𝐿𝐸: Effets du cycle menstruel sur les usages de substances et les symptômes de trouble d'usage
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Valentine Lhortolat, sage-femme responsable de l'ELSA du SUAL Lyon-Sud, lauréate de la bourse "Jeune Chercheur / Jeune Chercheuse" des HCL, et doctorante en épidémiologie, signe un article de revue narrative dans l'une des principales revues de médecine indexées au MedLine.

Cet article propose une revue narrative des effets du cycle menstruel sur les usages de tabac, d’alcool et de cannabis, ainsi que sur les symptômes de troubles de l’usage chez les femmes. Il met en évidence le rôle central des fluctuations hormonales, en particulier de l’estradiol et de la progestérone, dans la modulation des comportements addictifs.
Globalement, l’estradiol apparaît associé à une augmentation de la consommation et du craving, tandis que la progestérone exerce un effet protecteur, réduisant l’envie de consommer et le risque de rechute. Ces effets s’expliquent en partie par l’influence des hormones ovariennes sur les systèmes neurobiologiques impliqués dans la régulation du stress, des émotions et du circuit de la récompense.
Pour le tabac, les études montrent une plus grande vulnérabilité en phase folliculaire (estradiol élevé), avec une réactivité accrue au stress et aux stimuli liés au tabac, ainsi qu’une diminution des capacités d’autorégulation. À l’inverse, la phase lutéale (progestérone élevée) est associée à une réduction du craving et à de meilleures chances de sevrage. Concernant l’alcool, des niveaux élevés d’estradiol, surtout lorsque la progestérone est basse, augmentent le risque de consommation, notamment en phase ovulatoire et prémenstruelle. Chez les femmes présentant un trouble de l’usage d’alcool, la phase lutéale semble protectrice.
Les données sur le cannabis sont plus limitées, mais suggèrent une augmentation des consommations en phase prémenstruelle et menstruelle, en lien avec des affects négatifs accrus.
Enfin, l’article souligne des limites méthodologiques importantes (petits effectifs, mauvaise caractérisation des phases du cycle) et appelle à des recherches plus rigoureuses. Il conclut que la prise en compte du cycle menstruel pourrait améliorer la prévention et la prise en charge des addictions chez les femmes, notamment en intégrant ces variations hormonales dans les stratégies thérapeutiques.






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