Nouvelle Publication SUAL dans la revue 𝐴𝑑𝑑𝑖𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑆𝑐𝑖𝑒𝑛𝑐𝑒 & 𝐶𝑙𝑖𝑛𝑖𝑐𝑎𝑙 𝑃𝑟𝑎𝑐𝑡𝑖𝑐𝑒: l'essor des cathinones chez les usagers présents en CAARUD à Lyon
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Résumé de l'article en français
Contexte: En Europe, la consommation de cocaïne a récemment augmenté chez les personnes qui utilisent des drogues (PUD). Parallèlement, les cathinones, un autre type de psychostimulant autrefois associé au contexte spécifique du « chemsex », s’étendent désormais à des modes de consommation plus larges. Nous avons ici examiné les tendances de la consommation de drogues déclarée, y compris les cathinones, chez les PUD fréquentant le principal centre de réduction des risques de Lyon, en France, entre 2019 et 2023.
Méthodes: Nous avons procédé à une comparaison annuelle des évaluations standardisées réalisées à l’entrée et mises à jour chaque année pour tous les PUD fréquentant le centre de réduction des risques. Ces évaluations ont permis de recueillir des caractéristiques sociodémographiques (c'est-à-dire l'âge, le sexe, la nationalité, la situation familiale, le logement et la situation professionnelle), ainsi que les types de drogues déclarées comme consommées. Nous avons utilisé des modèles de régression logistique pour comparer la prévalence de chaque substance, utilisée comme variable dépendante, avec l'année et les caractéristiques sociodémographiques des PUD comme variables indépendantes. Les rapports de cotes ajustés et leurs intervalles de confiance à 95 % (aOR [IC à 95 %]) ont été rapportés.
Résultats: Au total, les données de 1 652 PUD ont été analysés. Entre 2019 et 2023, la proportion de PUD déclarant une consommation de cathinones est passée de 1,1 % à 10,9 %, et de 53,2 % à 73,2 % pour la cocaïne (p < 0,001 pour les deux). Parallèlement, la proportion de personnes consommant des drogues déclarant une consommation d'alcool a diminué de 29,5 % à 12,8 %, et de 72,1 % à 39,9 % pour les opioïdes (p < 0,001 pour les deux). Après ajustement en fonction de l'âge, du sexe et des facteurs socio-économiques, et en prenant 2019 comme année de référence, nous avons constaté des augmentations significatives de la consommation déclarée de cathinone en 2022 (aOR [IC à 95 %] = 4,84 [1,35–31,05]) et en 2023 (aOR [IC à 95 %] = 4,90 [1,40–31,06]), ainsi que des baisses significatives de la consommation d’opioïdes en 2022 (aOR [IC à 95 %] = 0,50 [0,28–0,88]) et en 2023 (aOR [IC à 95 %] = 0,39 [0,22–0,66]). Les changements observés pour l'alcool et la cocaïne n'étaient plus significatifs.
Conclusions: Nous avons observé une augmentation significative de la proportion de PUD déclarant une consommation de cathinones dans les centres de réduction des risques. Cette tendance souligne la nécessité d'améliorer la formation des soignants et d'adapter les services proposés pour ces substances au sein de ces établissements. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les profils des consommateurs de cathinones les plus vulnérables et leurs motivations.





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