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Publication SUAL sur le profil des migrants usagers de prégabaline

il y a 30 minutes
3 min de lecture

Bravo à Gaya Redouté, doctorante en sociologie, encadrée par Marie Jauffret-Roustide et Benjamin Rolland, et qui vient d'avoir son premier article en première auteure acceptée dans European Addiction Research.


Il s'agit d'une revue ciblée sur le profil des migrants usagers de prégabaline. La revue met en évidence deux principales populations concernées, avec des caractéristiques bien spécifiques.



Résumé de l'article traduit en français


Contexte : La prégabaline est un médicament de la famille des gabapentinoïdes, utilisé dans le traitement des douleurs neuropathiques, de l’épilepsie et de l’anxiété. Au cours des dernières années, les prescriptions et les usages de prégabaline hors supervision médicale ont augmenté dans plusieurs pays européens, notamment dans les pays francophones. Cette augmentation a particulièrement été rapportée chez les jeunes migrants, notamment ceux originaires du Maghreb. Toutefois, la littérature scientifique évaluée par les pairs reste limitée concernant les principales caractéristiques des personnes migrantes faisant usage de prégabaline hors supervision médicale, ainsi que leurs trajectoires de consommation. Cette revue de portée (scoping review) a exploré à la fois les bases de données scientifiques indexées et la littérature grise afin de mieux caractériser les profils des usagers de prégabaline, notamment leur origine géographique, les contextes et motivations de consommation, ainsi que leurs caractéristiques sociodémographiques et psychiatriques. Une recherche d’articles pertinents a été réalisée dans plusieurs bases de données scientifiques référençant des revues à comité de lecture. Elle a été complétée par une recherche de littérature grise, identifiée à partir des listes de références des publications scientifiques et d’entretiens avec des professionnels intervenant dans l’accompagnement et les soins aux personnes migrantes.


Synthèse : Deux principales populations de migrants faisant usage de prégabaline hors supervision médicale ont été identifiées. La première, qui constitue le groupe majoritaire, est composée de personnes originaires du Maghreb, principalement d’Algérie. Il s’agit généralement d’hommes jeunes en situation de marginalisation sociale, qui consomment de la prégabaline pour rechercher des effets euphorisants ou faire face à des traumatismes psychologiques. Ces personnes migrent habituellement pour des raisons économiques et cherchent fréquemment à rejoindre spécifiquement des pays francophones, pour des raisons linguistiques ou familiales. L’initiation de la consommation de prégabaline est généralement rapportée dans le pays d’origine, puis se poursuit après la migration, dans un contexte de précarité des conditions de vie ou d’intégration à des réseaux criminels facilitant l’accès au médicament en échange d’une participation à différentes activités illicites. La seconde population identifiée est originaire d’Europe de l’Est. Elle est constituée d’hommes plus âgés, qui déclarent généralement utiliser la prégabaline pour potentialiser les effets des opioïdes ou s’y substituer. Dans ce second groupe, la migration est motivée par des raisons économiques ou politiques et/ou par la recherche d’un accès aux soins pour des infections virales chroniques, telles que l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou par les virus des hépatites B ou C. Contrairement au premier groupe, ces personnes ne cherchent pas spécifiquement à migrer vers un pays francophone.


Messages clés : L’augmentation des usages de prégabaline hors supervision médicale observée parmi les populations migrantes dans de nombreux pays d’Europe occidentale semble principalement concerner deux populations distinctes, originaires respectivement du Maghreb et d’Europe de l’Est. Les motivations de consommation de prégabaline, tout comme les trajectoires migratoires, semblent différer entre ces deux groupes. Ces différences suggèrent la nécessité d’adapter les stratégies de prévention, de réduction des risques et de prise en charge aux spécificités de chacune de ces populations.

 
 
 

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